J’ai quitté l’Alsace un matin où le brouillard habillait encore les vignes d’un voile discret.
Dans le camion, quelques (beaucoup!) de cartons, des baskets prêtes à fouler de nouveaux sentiers, et cette excitation mêlée d’appréhension que l’on ressent aux grands changements.
La Haute-Savoie m’attendait, et avec elle, une promesse de renouveau.
Stop. On rembobine. Comment en est-on arrivé là ?
De la plaine aux reliefs : Changement de décor!
Mon Alsace, c’est la douceur des vallées, des maisons à colombages hyper colorées et le parfum du kouglof qui flotte dans l’air. Ce sont les fameux marchés de Noël, la générosité de la gastronomie et l’accent bien reconnaissable dont je n’ai (heureusement?) pas hérité.
C’est ici que j’ai grandi, d’une maman grecque et d’un papa français. Entre tzatziki et bretzels, j’ai toujours eu le sentiment d’être une voyageuse dans l’âme. À 16 ans, après un BAC scientifique et une prépa HEC, ce sont les vignes de Bordeaux qui me font choisir mon Ecole de Commerce. J’opte pour la capitale deux ans plus tard pour débuter ma carrière en tant que rédactrice de contenu.
C’est un coup de coeur absolu pour les mots : déjà gamine, j’avais été fascinée par le film « 99 francs » (oui, les goûts normaux d’un enfant, me direz-vous), avec la profonde conviction de travailler dans la publicité, ou du moins, dans la conception rédaction.
En 2019, la dernière année d’études doit se faire à l’étranger. OSLO s’impose dans mon esprit, rêvant de montagnes et de fjords depuis petite. Six mois plus tard, je décide de prolonger jusqu’à un an mon expatriation, tombée amoureuse des grands espaces et de l’esprit du « slow living ».
Un Master en Communication internationale et quelques escapades plus tard, l’ingénieure rêvée par son papa décide qu’elle préfère les lettres, et plonge dans le grand bain professionnel en devenant responsable communication dans le secteur du textile de luxe.

QUAND SOUDAIN, TOUT S’ARRêTE.
En 2020, j’aspire à écrire pour des marques qui me ressemblent davantage. Le sport et le tourisme s’imposent comme le rêve ultime. Mais voici que soudain, le COVID nous plonge dans le grand flou.
Me revoilà en Alsace, avec un sentiment de retour à la case départ. Je trouve un job qui me plaît et me fait souvent travailler en extérieur, et j’imagine que ma vie se poursuivra peut-être ici, finalement dans les vignes plutôt que sur les crêtes. L’altitude me manque, mais je voyage à travers les mots.
Engagée dans des associations sportives, bénévole sur des courses et engagées sur des évènements caritatifs (Rotary Club, Enfance difficile, handisport), je prends le temps de donner de mon temps pour les autres, toujours avec entrain et bienvaillance.
Entre deux runs, sous couvre-feu surtout, je me mets au golf. Un bon prétexte pour être dehors, et ajouter à mon panel de sports favoris une nouvelle discipline. J’ai besoin d’air. De quelque chose qui me fasse vibrer.
En parlant de vibrations, ce sont celles du coeur qui ont parlé les premières. On pourrait parler de « coup de foudre sur le green » : Perdu sur les greens alsaciens, c’est un annécien expatrié au pays des spaetzle qui me fera tomber amoureuse de la Venise des Alpes.

RENCONTRE d’un autre type.
La première fois que j’ai vu Annecy, j’y ai vu sa grandeur absolue. C’était il y a quatre ans, en 2021, et j’en étais déjà persuadée : je ne connaissais pas encore cette ville, mais c’était ici que je voulais vivre.
Très vite, les allers-retours se multiplient, entre le quotidien chargé de l’Alsace et la légèreté savoyarde. Au bout de deux ans, l’idée s’impose comme une évidence. Autour de moi, on a du mal à adhérer. Tout quitter pour recommencer à zéro, c’est risqué. Mais le coeur à ses raisons, et je suis persuadée que c’est le bon moment. Alors, on se lance.

L’ESPRIT LIBRE.
Octobre 2024 : le coeur serré, j’annonce ma démission du club sportif dont je suis directrice. Un poste dont j’ai toujours rêvé, qui me passionne, mais l’envie de m’échapper et de retrouver mes premiers amours pour la communication, dans un univers qui me correspond pleinement, me fait prendre de l’altitude.
En février 2025, les cartons sont posés. Notre nouveau chez nous me donne des papillons dans le ventre, même si je ne connais rien ni personne ici. En quête d’un nouveau challenge pro, je tourne rapidement en rond devant mon écran sur lequel les candidatures s’enchaînent, sans réponse.
Etais-ce le bon choix ? Je me le demande jour après jour. Les journées sont encore courtes et fraîches, mais je m’accroche à ce que j’aime le plus pour remplir mon quotidien : le sport, et l’écriture. Et je décide d’employer mon temps, en parallèle de mes recherches, à explorer et à décrire mon nouveau « chez moi ». Et Annecy soit-il naît de tout cela.
Chaque foulée représente une découverte : randonnée, course à pied, golf, et même bain glacé, je prends une leçon d’humilité face à la nature et une sensation grisante d’avancer vers l’inconnu. Je retrouve cette liberté que la nature peut offrir, ce moment où l’effort se dissout dans le plaisir d’être en mouvement. Et je pense alors ce site Web.
Parce que finalement, un portfolio, ce n’est pas fait que de lignes de CV. Et je me convainc qu’il faut que j’écrive ce qui me ressemble le plus pour montrer de quoi je suis capable. Et pour partager mon amour des stratégies de communication qui m’inspirent, et qui peuvent aider les autres à faire briller leur marque à leur tour.
Parce qu’une candidature, c’est aussi un ton, une manière de dire, de ressentir, que je veux partager à travers mes narrations.

ECRIRE ses pensées, les vivre pleinement.
Si j’ai quitté l’Alsace, ce n’est pas pour oublier d’où je viens, mais pour m’ancrer dans un ailleurs qui me ressemble. Pour faire bouger les lignes, et oser être moi-même, pleinement.
« Annecy soit-il », c’est un projet qui me ressemble. Je l’imagine comme un lieu de partage, entre projets fictifs, décryptages de marques, analyses de campagnes de pub ou créations toutes droites sorties de mon imagination.
Et chaque jour, je cours un peu plus loin dans cette nouvelle histoire, dont les lignes sont encore à écrire.
On m’a dit cours toujours pour trouver un job dans la com’ : alors c’est exactement ce que j’ai fait. Sans aucun regrets.
Annecy soit-il.
Ana

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